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Mémoires pour servir à l'histoire des sciences et à celle de l'observatoire de Paris / J. D. Cassini
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35G ÉLOGE

passent et ne font que purifier lair : mais dans un âge avancé,l'ébranlement quelle cause à des ressorts qui commencent àsuser, se prolonge jusquà la fin de la vie, et en rapprochesouvent le terme. Quoique parfaitement guéri de laccidentquil avait éprouvé en i-G3, M. Maraldi avait conservé de salongue maladie une affection scorbutique, qui dérangeaitfréquemment cette santé robuste dont il jouissait autrefois,fn de ses neveux, qui professait la médecine, vint en France passer quelque tems auprès de lui. Il lui persuada que lechangement de lieu, de vie, et sur-tout lair natal, pouvaientseuls le rétablir dans son ancien état. Il le pressa vivement derevenir au sein de sa famille recouvrer la santé. Comment nepas se livrer à un si doux espoir? comment fermer loreille àla voix dune famille qui nous rappelle , et le cœur à cet amourde la patrie que rien ne peut entièrement éteindre et quunrien sait rallumer? M. Maraldi se décida donc à retourner àPerinaldo.

Il lui en coûta sans doute de séloigner de lAcadémie , et desortir de lObservatoire ; mais depuis long-tems il nobservaitplus que les éclipses des satellites de Jupiter, auxquels il avaitvoué un culte particulier; or, pour ce genre dobservations,Périuahkflui offrait un ciel bien plus propice que celui de Paris .Il partit au mois davril 1770, emportant avec lui pendule,quart de cercle et lunettes, dont une deCampani, avec laquelleil observait depuis quarante ans. Cest avec cet attirail quilalla sétablir à Perinaldo. Cette ville qui avait vu naître plu-sieurs astronomes , méritait bien de posséder enfin un obser-vatoire. Pendant quinze ans, M. Maraldi y poursuivit le coursde ses observations sur les satellites, et il ne manqua pas denfaire part, de tems en tems, à lAcadémie , à laquelle il restaconstamment attaché de cœur et desprit jusquà son derniersoupir. Cest, au reste, ce que lon peut dire de tous ceux qui