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passent et ne font que purifier l’air : mais dans un âge avancé,l'ébranlement quelle cause à des ressorts qui commencent às’user, se prolonge jusqu’à la fin de la vie, et en rapprochesouvent le terme. Quoique parfaitement guéri de l’accidentqu’il avait éprouvé en i-“G3, M. Maraldi avait conservé de salongue maladie une affection scorbutique, qui dérangeaitfréquemment cette santé robuste dont il jouissait autrefois,fn de ses neveux, qui professait la médecine, vint en France passer quelque tems auprès de lui. Il lui persuada que lechangement de lieu, de vie, et sur-tout l’air natal, pouvaientseuls le rétablir dans son ancien état. Il le pressa vivement derevenir au sein de sa famille recouvrer la santé. Comment nepas se livrer à un si doux espoir? comment fermer l’oreille àla voix d’une famille qui nous rappelle , et le cœur à cet amourde la patrie que rien ne peut entièrement éteindre et qu’unrien sait rallumer? M. Maraldi se décida donc à retourner àPerinaldo.
Il lui en coûta sans doute de s’éloigner de l’Académie , et desortir de l’Observatoire ; mais depuis long-tems il n’observaitplus que les éclipses des satellites de Jupiter, auxquels il avaitvoué un culte particulier; or, pour ce genre d’observations,Périuahkflui offrait un ciel bien plus propice que celui de Paris .Il partit au mois d’avril 1770, emportant avec lui pendule,quart de cercle et lunettes, dont une deCampani, avec laquelleil observait depuis quarante ans. C’est avec cet attirail qu’ilalla s’établir à Perinaldo. Cette ville qui avait vu naître plu-sieurs astronomes , méritait bien de posséder enfin un obser-vatoire. Pendant quinze ans, M. Maraldi y poursuivit le coursde ses observations sur les satellites, et il ne manqua pas d’enfaire part, de tems en tems, à l’Académie , à laquelle il restaconstamment attaché de cœur et d’esprit jusqu’à son derniersoupir. C’est, au reste, ce que l’on peut dire de tous ceux qui