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pays. 11 acquit aussi du meme Ramsden une machine à diviserde la plus ingénieuse construction, et la prêta souvent auxartistes qui désiraient en faire usage. Jamais amateur ne fitpour les instrumens des sacrifices pécuniaires aussi considé-rables et aussi profitables à la science et aux savans.
On s’imaginera sans doute qu’ayant rassemblé une sibrillante et si nombreuse collection d’instrumeus d’astro-nomie, Saron finit par se faire construire un vaste et belObservatoire pour y déposer toutes ces richesses, les exposeraux yeux des curieux, et en jouir lui-même. Point du tout : ilétait dans son caractère de fuir une telle ostentation. Sonamour véritable pour la science, sa générosité et la bonté deson cœur, lui avaient suggéré un autre moyen de rendre sesnombreux instrumens bien plus utiles que s’il les eut tenusdans un Observatoire particulier. Il en gardait quelques-unspour son usage. Les autres, il les prêtait aux astronomes, etles laissait à la disposition do M. Messier, de M. Méchain , deM. Le Gentil, ses amis et ses confrères. C’était, selon lui,les remettre en meilleures mains ; et les excellentes observa-tions que les trois habiles astronomes faisaient avec ces ins-trumens, étaient, aux yeux du généreux propriétaire, l’in-térêt presqu’usuraire de l’argent qu’ils lui avaient coûté.
Le goût de l’astronomie, lorsqu’il se borne à la possessionde beaux instrumens et à la pratique des observations inté-ressantes et curieuses , constitue l’amateur , mais non pas lesavant. Le président de Saron fut l’un et l’autre j nous allonsmontrer que son nom mérita d’être inscrit sur la liste desvéritables astronomes.
L’apparition des comètes a cessé d’être pour les peuples unsujet de terreur; mais elle sera toujours, pour ceux qui seliv rentà l’étude profonde du système du monde , un objet derecherches nouvelles, d’observations assidues, et de longs