DE M. LE PRÉSIDENT DE SARON. 383
calculs. Ces planètes lointaines, long-tems regardées commeétrangères à notre système , ont enfin été reconnues pour luiappartenir et semblent ne s’y montrer de tems à autre, quepour faire constater leur titre de famille. Il faut donc adroi-tement saisir le nouvel astre, dans le court espace d’uneapparition de quelques semaines, souvent de quelques jours ;il faut, d’après le très-petit arc décrit dans sa route visible,conclure l’immense orbite qu’il doit parcourir dans sonabsence et jusqu’à son retour. Voilà le problème que l’astro-nomie et la géométrie ont à résoudre. On en sent toute ladifficulté. Quelle précision ne faut-il pas dans les obser-vations , pour éviter les moindres erreurs, si dangereusesquand il s’agit de conclure du petit au grand! Commentreconnaître à quelle couibe appartient un arc si peu alongéque sa courbure peut être confondue avec celles de plusieursorbites de dimensions très-différentes! Les plus habiles géo-mètres se sont exercés sur ces difficultés j pour les résoudre ilsont donné des méthodes très-rigoureuses, très-élégantes,mais qui exigent de longs calculs. Les astronomes ont plusbesoin de promptitude que de précision dans le cas, oitils se trouvent fréquemment, d’avoir à rechercher unecomète difficile à voir et cpii leur a échappé, soit par lemauvais teins, soit par la proximité des rayons du soleil. Ilsse servent alors de méthodes de fausse-position et d’opérationsgraphiques, qui leur procurent promptement une ébauchesuffisante des élémens de l’orbite de la comète, et leur tracela route sur laquelle ils doivent la chercher dans le ciel. Lepère Boscowich avait publié une de ces méthodes dans lesixième volume des Savans étrangers. Le président de Sarontrouva le moyen de la simplifier, et se la rendit si familièreque personne ne réussissait aussi promptement que lui àl’employer. Une comète venait-elle à paraître ? elle était