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Mémoires pour servir à l'histoire des sciences et à celle de l'observatoire de Paris / J. D. Cassini
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384 ÉLOGE

bientôt aperçue par le vigilant Argus h qui lastronomie sem-blait avoir confié la découverte et la surveillance de ces astresparticuliers. M. Messier courait aussitôt avertir M. le prési-dent de Saron, lui portait ses premières observations , etcelui-ci calculait les élémens de lorbite, tandis que lautrepoursuivait lastre et ne le perdait de vue que lorsqueson éloignement ne permettait plus de lapercevoir; car,jusque- , quelque détour quil fit, quelque fausse route quilpût prendre, les calculs de Saron remettaient tout de suiteM. Messier sur la voie, et la comète était bientôt retrouvée.Cest cette heureuse association entre un de nos plus célèbresobservateurs et un de nos plus subtils calculateurs, qui acontribué dans ces derniers tems à enrichir considérablementla liste des comètes calculées. Cest ce doux concert qui, pen-dant trente ans, a resserré les nœuds dune amitié si touchanteet si respectable entre deux savans que la conformité degoûts, de caractère et Je venus devait naturellement réunir.

Mais Saron rendit à lastronomie un service encore plusimportant. Tout le monde a présente encore à lesprit ladécouverte faite en mars 1781 de cette huitième planète qui,depuis tant de siècles,' confondue dans la foule des étoiles,tournait en silence avec nous autour du même soleil, suivaitles lois de notre système, mais restait toujours inconnue.Elle fut dabord prise par M. Ilerschell et par tous les astro-nomes pour une simple comète. M. Messier lobserva commetelle, en communiqua, selon sa coutume, les positions àM. de Saron, qui aussitôt les soumit au calcul : mais pourcette fois notre calculateur fut arrêté; il fallut ralentir samarche, essayer, recommencer; quoi quil fit, la dernièreobservation ne cadrait jamais avec les précédentes. Cest cequéprouvèrent également plusieurs astronomes et géomètresqui tentèrent les mêmes recherches. Eulin , à force de