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botanistes. Quittant la grande route de Vicgc , nous avons pris des provisions et nous noussommes acheminés vers la montagne de Gruebcn qui est à quatre lieues de Tourtemagne ; le tems étoitbeau , la chaleur très-grande , la route difficile et beaucoup plus roide que celle de Stahkn àSaas ; elle suit le cours d’un torrent impétueux. A moitié chemin, sur la droite , dans une forêthumide, nous vîmes la Pyrola mïnor et la Lianœa borealis parmi des pierres. Après avoir tra-versé les forêts, à une demi lieue de la montagne de Gruebcn , nous trouvâmes sur la gauche,quand nous eûmes passé le torrent sur un pont, le Scdum villosvm dans un terrein marécageux,et YErigeron uniflorum.
Nous pensions être à la fin de notre journée , mais On nous dit que , les vaches étant dansles chalets du haut de la montagne , nous ne pourrions avoir de gîte qu’en nous y rendant. Aimémalgré toute l’envie que nous eussions eu de rester ici , nous fûmes obligés de nous remettre en routepouf trouver un abri. Encore aurions-nous perdu notre peine, si mon costume ne m’avait servi de-recommandation. Néanmoins , nous fumes obligés de passer la nuit en someillant auprès d’un feudont la chaleur nous étoit d’autant plus nécessaire que le terrein se trouva couvert de glaçonsle lendemain matin. Jugez, Monsieur, de notre douleur; mais nous étions préparés d’avance à.tous les contretemps et à toutes les privations. En venant à la montagne haute nous avonsgagné sur la traite du lendemain qui devait être longue et fatigante et qui le fut en effet. C’estdans cette montée des chalets d’en bas aux chalets d’en haut que nous avons vu la Gentianestenella , le Salix Larlponum , l ’Arnica montana , la Pedicularis tuberosa à fleurs jaunes , les Potentilia:grandiflora et aurca.
Le 27 sachant que nous aurions une journée pénible, d’après tout ee. qu’on nous en avait dit,,nous quittâmes au point du jour la montagne de Gruebcn ; nous fîmes une bonne lieue sur um
gazon émaillé de fleurs , mais recouvert d’un verglas qui nous deroboit une partie de leur
beauté ; on y voyoit cependant des groupes d’Arenaria rccurva entremêlés du Gcum montanum etdes Potentilia grandiflora et aurca. Parvenus au bas de la gorge par où nous devions passer pour-redescendre à la montagne de Porta ou ôflEmpt , nous visitâmes un gazon semé de rocailles quis’étendoit sur notiy gauch^ ; nous fûmes charmés d'y découvrir l'Arctia tomentosa Schl. et YArctia.alpin a , la Draba rüricT, YAntherkum scrotinum } nous remarquâmes aussi plusieurs Saxifrages „Voppositîfolia et Yandrosacca.. Encouragés par ces découvertes, nous résolûmes de parcourir lecoteau jusqu’au sommet ; c’est là que nous vîmes avec grand plaisir la Potentilia suHacautis , la,véritable Saxifraga exarata AU. découverte pour la première fois en Valais , et la Jllycsctis
nana. 11 y a deux bonnes lieues de la montagne de Gruebcn jusqu’au haut du col où il faut-,
passer pour se rendre à St. Nicolas qui est encore à quatre lieues plus loin.
Au-dessous de eette gorge nous observâmes la Cacalia tomentosa et Y Arnica Clusii Ail. à feuilles»entières , près d’une mine de fer qui paroît de bonne qualité. A une bonne demi lieue d’Empt *nous passâmes-à la droite du torrent par un sentier qui longe la forêt en descendant; c’est IAqu’on apperçoit de temps en temps la Linnaa borealis. On entre ensuite dans .les basses montagnes»,Cette descente qui conduit à St. Nicolas- nous fournit Y’Antirrihinum ganstifoliutn et le Juniper us Sabine 7*.M. le curé de S. Nicolas nous reçut très « cordialement. Nous comptions cueillir amddà. ck Sfc.