48 Doctrine des Ph r lûsoph es
même en n'employant que les connoilhnces acquises de sontemps. Pour embarrallèr Aristote, j’emprunte les termes deCorniers f s J. 11 suffit de lui demander « comment la Terre apu fournir en l’annee r z z d, pendant les deux mois d’Août& de Septembre, des exhalations à cette prodigieuse Comète,qui, avec une admirable clarté, courut droit de lEquateur àl’Ourle , puisque tous les bois du monde n’auroient pu faire unfl beau feu pendant un lì long temps. » En elfet, dès le tempsd’Aristote on avoit vu des Comètes durer pendant plusieursmois: conçoit-on facilement qu’un tel embralement puilíè durerfi long-temps! Mais, dit-on, le feu est lent, & la matière estsupposée bien dense : au contraire, répond Gassendi,plus 011 supposera la matière dense, plus le feu fera actif. Je11e conçois pas d’aiileurs qu’une matière qui est portée par l'airle plus pur puisse être d’une densité si extraordinaire. Maisil survient continuellement de nouvelle matière. La défensepourroit être admise , st la Comète rép mdoit toujours directe-ment au même lieu de l.t Terre; mais on la supposé emportéedans i’eípace de vingt-quatre heures autour du globe. De plus,on ne comprend pas qu une Comète formée par un tel embra-sement puiste suivre avec tant de régularité, non-seulement lemouvement diurne du premier mobile, mais encore un autremouvement particulier, qu'Aristote connoistoit , 8 c. dont ilne donne aucune raison satisfaisante. Le premier mobile,dira- 1 -on, ne peut-il pas emporter la région du feu & larégion supérieure de l’air avec tout ce qui peut y être compris!Mais 011 demandera comment & pourquoi ce premier mobilequi, dans le même temps précis , emporte 8 c Saturne & lesEtoiles fixes, & la région supérieure de l’air, ne produit aucunmouvement sensible sur la région inférieure & fur la moyenne.Mais, diíoit Épigènes, la Comète fuit son aliment. Si celaétoit, répond Gassendi (u), elle devroit toujours tendre en
(s) Claude Corniers , De la nature if présage des Comètes, chapitre IX,Sur Corniers , voyej_ ci-dejfous le chapitre septième.
ft J Gajs. operuin, toni. I, feu Physìc, lect. XI, lib. V, pag. 702.
fu) Gajj, ibics.