sur les Comètes. 49
Las, puisque son aliment lui vient de la Terre. Enfin, Gassendidemande pourquoi la queue des Comètes est toujours oppolèeau Soleil : il prouve , par la doctrine des parallaxes , que lesComètes font bien plus élevées que la région supérieure dei’air : on peut ajouter que des exhalaisons enflammées nepourroient être soumises à des retours périodiques & réglés.Mais ces raisons supposent des observations qu’on n’avoit pointencore faites du temps d’Aristote : nous en parierons autrepart.
Je termine ce qui concerne Aristote par deux réflexions.De petits esprits croient s’être relevés beaucoup lorfqu’ils ontrépandu le íiel de leurs sarcasmes fur ceux dont la réputationa été le plus solidement & le plus universellement établie danstous les temps, ils ne s’aperçoivent pas que leurs futilesdiscours nuisent beaucoup plus à l’idée qu’on se forme deleur jugement, qu a la gloire des grands hommes que cespygmées voudroient ternir. 'Aristote étoit homme : il estcertainement tombé dans Terreur. Mais, premièrement, avecquelle modestie ne propose-t-ii pas íès conjectures fur lesystème du monde ï «Je parle des corps célestes, d\l-\\(x) ;mais je ne les vois que de loin ; je ne les observe pas du lieu Mmême où ils existent : la très-grande partie de ce qui le passe «dans le Ciel échappe à nos sens ». Et peu après : « Si quelqu’un,conclut-il (y) , peut donner deces phénomènes une explication «plus certaine, & sondée sur des principes plus naturels, il «s’acquerra un droit légitime fur notre reconnoissance. » Enfin,avant que de proposer son système fur les Comètes : « Commenous n’en pouvons juger par les sens, dìt-iisç), je croirai «mon explication suffisante, li elle ne renferme rien de contraire «aux vérités déjà connues ». Si Aristote eût vécu de nos jours,si ses sens eussent été perfectionnés par le secours du télescope& d’un grand nombre d’observations, il auroit fans doute
(x) Arljïot. de Cwlo, lib. II, cap. III.
(y) J b id. cap. V.
(l) Lib . I, Meteor, çap. VU.
Tome /. G
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