58 Doctrine des Philosophes
» suivent avec exactitude ; ils (ont toujours les mêmes. En effet,» quels changeinens ne remarqueroit-on pas dans une Comète,,, íi ce n’étoit qu’un amas de teu étranger, allumé par quelque» caille paílàgère ï Sa grolïeur varieroit à chaque instant, à» proportion du plus ou du moins de nourriture qu’elle rece-
» vroit.La Comète a fa place propre entre les corps
,, célestes : en conléquence elle ne celle pas detre, aussitôt qu’elle» a paru; elle parcourt la carrière; elle ne /éteint point, elle« /éloigne.
» Mais, dites vous, si la Comète étoit une Etoile errante ,,, elle se roi t dans le Zodiaque. Qui a pôle ces bornes aux» Planètes ? Qui ose resserrer les ouvrages de Dieu dans ces» étroites limites? Ces Astres, que vous croyez être les seuls,, en mouvement , n ont pas tous la même orbite. Pourquoin n’en existeroit-il pas d’autres, qui se (croient tracé des routesj» particulières? Y a-t-il donc quelque endroit du Ciel inac->» cessible aux Planètes? Si vous croyez qu’il doive y avoir» quelque rapport entre le Zodiaque & les routes des Etoiles;» je veux bien y conlentir : l’orbite des Comètes touchera le»> Zodiaque en quelqu’une de ses parties. Cela n’est point» nécelîaire ; il lustit que cela puisse être (o). Ne paroît-il» pas digne de la grandeur de l’Univers (p), de le considérer» comme distingué par un nombre prelque infini d’orbites» planétaires , plutôt que de n’en admettre qu’une leule, le» reste de l’étendue languissant en quelque lorte dans une oiíìve« inutilité? Est-il possible de croire qu’entre tant d’Etoiles» répandues dans ce vaste Univers , corps créés pour former» le magnifique spectacle de la nuit , pour empêcher que« l’étendue ne loit un vide immense, cinq Astres seuls auront» le privilège de le mouvoir, les autres, peuple vil 6c parelîèux ,» croupistant dans la plus molle inaction?
» Quelqu’un m’arrêtera peut-être: Pourquoi, dira-t-ii,
(o ) Cela non-seulement peut être, mais est, & doit nécessairement être.Les observations manquoient à Sénèque, & non le raisonnement.
(pJ Een, N*tur. Quasi. lib. VII, cap. XXIV.